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La famille dans tous ses états, chiffres à l’appui !

Nous vous proposons ci-dessous les perspectives familiales européennes sous forme de statistiques. Enfants sans pères, mariages à la dérive, divorces en hausse, boom des naissances hors mariage et dénatalité comme modèle d’autodestruction ! Voilà les conclusions auxquelles les chiffres bruts peuvent conduire. A méditer !

(octobre 2004)

Selon les chiffres français de l’INED (déjà valables en 1994 ), après une séparation, 24% des enfants vivant avec leur mère ne voient plus jamais leur père et 18% le voient moins d’un fois par mois. Ainsi plus de 40% des enfants de divorcés, vivant avec leur mère, grandissent en fait sans une image solide de leur papa. Il est en effet difficile de construire du positif autour d’un absent…

Ceci est à intégrer dans d’autres statistiques, le nombre de divorces (120.000 en France pour près de 60 millions d’habitants et plus de 30.000 en Belgique pour 10 millions d’habitants), le pourcentage de garde (ou hébergement) accordé à la mère après un divorce est de 86% en France et près de 85% en Belgique. La durée d’un mariage dure aujourd’hui en moyenne entre 6 et 8 ans.

En Belgique, il y a aujourd’hui 4 mariages pour 3 divorces . Les statistiques de l'INS (Institut national de statistiques) confirment une hausse des divorces en Belgique depuis 4-5 ans. Le nombre de mariages, quant à lui, se stabilise. En 2003, il y a eu donc 41.800 mariages et 31.370 divorces. A Bruxelles, les divorces sont légèrement supérieurs aux mariages.

La Belgique n’est donc pas le pays européen où l’on se marie le moins, mais presque. Avec 4,09 mariages pour 1000 habitants, elle se situe en peloton de queue avec la Suède (4,02), la Bulgarie (4,04), la Lettonie (3,93) et la Slovénie (3,48). A l’inverse, le Danemark (6,82 pour 1000), la Roumanie (5,87) et Malte (5,58) sont les pays les moins touchés. La France (5,13) est en milieu de peloton. Du coté des divorces, les Belges se retrouvent également en tête des statistiques (2,8 divorces pour 1000 habitants), derrière les Lituaniens (3,2), les Estoniens (3,2) et les Tchèques (3,1). Les peuples les plus fidèles à l’institution du mariage sont les Irlandais (0,7 divorces pour 1000 habitants), les Italiens (0,7) et les Espagnols (0,9). La France (1,9) se trouve proche de la moyenne européenne .

En 2002, le taux de mariage pour l’Union européenne était de 5 pour mille habitants. Il était de 8 pour mille en 1970. L’âge moyen auquel on se marie est passé de 26 ans pour les hommes et 23 ans pour les femmes à plus de 30 ans pour les hommes et à 28 ans pour les femmes.

Par ailleurs, on évalue aujourd’hui le taux de naissance hors mariage à 30% du total de naissances en 2002 pour l’Union européenne. Il était de 6% en 1970. Certains pays dépassent les 50%. Le modèle familial dominant ne sera donc plus en 2020 la famille traditionnelle.

En Europe, le taux de descendance finale des femmes était de 1,5 en 1995. Il était de 1,8 en 1960 et de 2,7 en 1965 (baby boom). En 2004, il tourne encore autour de 1,5. Ceci indique que nous sommes en Europe bien en dessous du taux de reproduction. La fécondité de remplacement est en effet évaluée à 2,1. Petit à petit, le peuple européen se suicide par manque d’enthousiasme procréatif. Sans apport extérieur, avec une même tendance, l’Europe deviendra a long terme un désert humain.

Concernant la maltraitance des enfants, les placements de mineurs en danger sont une bonne source d’information. En France, en 2002, sur les 86.000 mineurs en danger pris en charge, 30.000 l’ont été à cause de conflits de couples non apaisés, 10.000 pour cause de parents toxicomanes ou alcooliques, 13.000 pour cause de chômage ou de difficultés économiques.

T. R.

Chiffres d’Eurostat, Ined, Ins, Le Monde, Le Soir …