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Espace
"Jeu et structure"
Puerto Rico,
jeu de plateau Puerto Rico est un jeu de plateau
créé par Andreas Seyfarth en 2002 (sortie en Allemagne) chez Alea.
Il est disponible depuis mai 2004 en version française chez Tilsit.
Il se distingue des jeux tels " Die Fürsten von Florenz " ( Les
princes de Florence) ou " Die Händler von Genua " (Les marchands
de Gènes) par une plus grande complémentarité et une meilleure fluidité
des mécanismes du jeu.
La mécanique est en effet extrêmement bien huilée, ce qui n'est pas toujours le cas d'autres jeux jouant dans la même catégorie. Le thème du jeu est la gestion d'une colonie du 18ème siècle. Il y a des planteurs, des maçons, des intendants, des artisans, des marchands, des capitaines de navires et des chercheurs d'or. La trame se passe dans une île des Caraïbes, Puerto Rico. Le maçon permet de construire des bâtiments qui détermineront le choix économique du joueur. Le planteur permet de choisir le type de cultures, ce qui déterminera en partie la stratégie du joueur. (…). Comme tout bon jeu économique, il oblige les participants à gérer une série de ressources en parallèle, sans connaître exactement la position de ses adversaires dans la course à la victoire. Il arrive assez fréquemment que l'on croie être en retard sur son voisin de gauche, et patatras, il n'en est rien. Le suspens est maintenu souvent jusqu'au bout. Cela ne signifie pas pour autant que Puerto Rico soit un jeu de hasard, que du contraire.Cela signifie surtout qu'il n'est pas possible de contrôler tous les mécanismes, ce qui permet au jeu de garder sa fraîcheur, même après de très nombreuses parties. Au niveau des mécanismes de jeu, Puerto Rico combine - la répartition cyclique des rôles (à chaque tour, un joueur choisit le rôle qui lui convient, au tour suivant le joueur de gauche fait de même et ainsi de suite), - le choix d'un type de développement économique prioritaire (industriel, marchand, agricole, technologique …) et - l'observation permanente des actions des autres joueurs. On l'aura compris, il est impossible dans ce jeu de s'enfermer dans une stratégie statique du début à la fin de la partie. Certes, il faut choisir un angle d'attaque, mais à tout moment pouvoir l'adapter à la réalité et à l'actualité des choix des autres joueurs. Au niveau de l'apport du jeu dans la vie de tous les jours, le choix d'une économie relativement simple (microcosme) par Andreas Seyfarth permet d'appréhender les mécanismes de base de toute économie. En cela, Puerto Rica acquière une dimension pédagogique. Plus spécifiquement, chaque joueur doit suivre régulièrement l'évolution de sa position dans le groupe, sur le " marché stratégique ". L'accès à l'information est alors essentiel, la connaissance des outils est évidemment capitale et le pilotage à vue basé sur une idéologie-stratégie solide s'avère être la meilleure politique. Du point de vue socio-politique ou associatif, de telles structures ne conviennent pas aux régimes totalitaires (elles nécessitent trop d'échanges, trop de dynamisme). Point faible, un dynamisme trop permanent peut déraper vers de l'activisme et in fine empêcher la bonne conduite d'une action, d'un projet. Dans un jeu d'1h30, avoir l'esprit en éveil en permanence est un plaisir. L'avoir tout le temps, toute la vie, cela peut devenir une torture (cf. workalcoolisme - assuétudes au travail). Questions de mesure ! En tant que jeu, Puerto Rico fait donc partie d'ores et déjà des grands classiques. Un jeu pour toute la famille mais aussi un jeu de stratégie pour les passionnés. A jouer d'urgence ! T.R.
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