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La saga du papa plus que parfait
reprend de plus belle. Face à la parole sacrée de l’enfant
roi, rien ne résiste. Beaucoup de juges restent sous
l’emprise de l’idéologie des enfances pures.
Puretés, mensonges et petits
secrets ... dans un pays lointain
Dans un pays fort lointain, quand un
papa veut devenir un papa plus que parfait, il doit
suivre quelques règles simples à comprendre mais pas
toujours faciles à suivre. Un papa plus que parfait
ne doit jamais se fâcher. Il doit toujours être courtois,
empathique et compréhensif. Si par exemple, une fille
de 10 ans refuse d’aller à l’école, il serait malvenu
de la part de son papa plus que parfait d’user de son
autorité naturelle de mâle diabolique pour tenter de
convaincre sa fille. Il devra d’abord écouter avec patience
ses «crises d’hystérie», lui poser des questions neutres
et ouvertes quant à ses motivations …
De même, si votre fils de 6 ans piquait
une crise aux caisses pour obtenir le dernier DVD des
schtroumpfs, s’il se roulait par terre en tapant des
pieds, il ne faudrait certainement pas le prendre par
le bras en criant « Ca suffit !!!!!!!!!!!! ». En montrant
une telle autorité, vous vous rendriez certainement
coupable de maltraitance. Là-bas, il faut évidemment
permettre aux petits bambins de pouvoir s’exprimer en
toute liberté. Il vaut assurément mieux fouiller ses
poches pour voir s’il vous reste 10 euros pour acheter
ce « fichu » DVD des schtroumpfs.
Pour ceux qui n’adoptent pas cette dernière
solution, ils apprendront rapidement à leurs dépens
ce que coûte le fait de ne pas écouter gentiment ses
enfants et de ne pas accepter leurs caprices.
En effet, dans ce pays lointain, c’est
bien connu, il existe dans tous les magasins et dans
toutes les écoles une ligne directe avec un centre SOS
parole de l’enfant-roi. Une équipe de pédopsychiatres
spécialisés peut arriver dans les 5 minutes en 4X4 jaune
fluo munie de girophares aveuglants et de sirènes hurlantes
pour venir écouter la parole de l’enfant-roi. Un juge
pourrait même se déplacer pour vérifier l’atteinte à
l’ordre public et … sanctionner lourdement le mauvais
père.
Dans cet étrange pays, les héros psycho-judiciaires
évitent évidemment de contextualiser le conflit parental
et ne retiennent que la colère du père. Le papa serait
pris de côté, il devrait signer un contrat qui l’obligerait
à ne plus gronder son fils. En cas de récidive, le centre
SOS parole de l’enfant-roi, en parfaite entente avec
un juge en service commandé, pourrait envisager le placement
de l’enfant.
Un tel papa pur ou plus que parfait
doit donc se garder d’incommoder ses enfants-rois. Pour
ceux qui ne sont pas capables d’étre parentalement corrects,
il leur reste les mensonges et les petits secrets. Mais
à leurs risques et périls !
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