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Dis-moi mon cher Hippocrate,
suis-je encore un médecin respectable ?
Pourquoi faut-il que des tiers
s’en mêlent ?
Un beau certificat
médical
J’ai un copain qui n’en rate pas une
pour me mettre en pétard. Il y a peu, il m’a raconté
des « couilles » sur «Saint» Hippocrate. Selon lui,
« le serment d’Hippocrate contiendrait un passage qui
obligerait tout médecin à soutenir les mamans, même
quand elles effectuent des rapts internationaux. ».
Je me suis rendu illico presto chez mon médecin généraliste
pour le lui demander. Evidemment, il m’a confirmé le
contraire. M’intéressant au sujet, j’ai consulté le
site internet de l’Ordre des médecins.
Même discours, heureusement. La démocratie
est sauve. L’ordre conseille à ses membres d’être particulièrement
prudents dans les conflits entre parents. Il déconseille
de prendre parti ou de poser des actes qui pourraient
nuire à l’application de l’autorité parentale conjointe.
Pourtant, le « gentil » médecin de
la maman de ma fille donne des certificats médicaux
aux mamans qui veulent ne pas respecter les jugements
pour justifier des vacances à l’étranger. Il se permet
de faire des déclarations sur la santé mentale des parents
qui veulent s’occuper de leurs enfants.
Ainsi, sans m’avoir jamais rencontré,
il peut savoir que je souffre de graves problèmes psychologiques.
Dans la suite logique de son délire, il faudrait m’enlever
la garde de mon enfant alors que cela fait trois ans
que j’ai obtenu l’hébergement égalitaire.
J’ai bien essayé de le contacter pour
tenter d’arrêter ses fausses déclarations. Sans succès.
Je suis, selon ses termes, un fou dangereux. Afin de
permettre le dialogue, j’ai demandé à mon médecin traitant
de jouer les médiateurs. Je ne suis pas arrivé à le
convaincre : il m’a déclaré qu’il ne voulait pas jouer
un tel rôle. Je comprends.
Il ne me reste plus que la voie contentieuse.
Je pourrais porter plainte devant la chambre ad hoc
de l’ordre des médecins. Je pourrais poursuivre ce médecin
pour diffamation devant un tribunal pénal. Mais combien
d’argent, cela va-t-il me coûter « encore »? Combien
d’énergie devrai-je dépenser pour un résultat pas gagné
d’avance.
J’ai donc décidé d’écraser, de courber
l’échine, de me soumettre. Il y a des violences contre
lesquelles il n’y a presque rien à faire. Car se battre
contre des «moulins à venin» peut conduire à une « victoire »
à la Pyrrhus. Le temps passé à défendre une certaine
idée de la démocratie ne peut être consacré à l’éducation
de ses enfants. J’ai choisi de prendre du bon temps
avec ma fille. Le sourire d’un enfant veut 100 victoires
devant un tribunal.
J’ai acheté un jeu de fléchettes, j’ai
fait une photocopie du beau certificat de Monsieur le
médecin de la maman de ma fille. J’ai collé la photocopie
sur la cible et je me m’amuse à lancer des fléchettes
sur le certificat médical. Vous ne pouvez pas savoir
comme je m’amuse. J’en ai même parlé à mon médecin.
Il connaît bien ma situation. Il m’a dit que c’était
très bon pour ma santé de me déstresser de la sorte.
Patrick, 48 ans Jodoigne
{tableau 1} |