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Le lien d'attachement
mère-enfant chez les jeunes enfants. *
Le lien d'attachement est connu
comme un mécanisme essentiel au développement de l'enfant. Il s'opère
de manière très importante lors de la première année de l'enfant.
L'attachement est associé à l'idée de confiance accordée au parent
qui, dans sa manière de répondre aux besoins de base de l'enfant réussit
à apaiser l'enfant face au stress.
(octobre 2004)
La mère est traditionnellement le support de l'attachement
principal de l'enfant mais ce n'est pas le seul, et surtout, ce n'est
pas sa fonction " alimentaire " (cf. allaitement) mais sa fonction
" soins corporels " qui en est à l'origine. L'allaitement permet la
proximité qui permet l'attachement.
D'autres supports (père, nourrisse, grands parents,
…) peuvent parfaitement remplir le rôle de l'attachement principal
comme si l'essentiel pour un jeune enfant était d'abord la survie
et l'adaptation à son environnement. Le nourrisson " sait " déjà que
sa mère pourrait ne plus être là pour des raisons extérieures à sa
volonté donc il se rend potentiellement disponible pour adopter un
autre support d'attachement principal.
" Afin de mieux comprendre les effets pathogènes de
la carence de soins maternels sur la santé mentale des enfants, et
ce dus à des séparations précoces et prolongées, Bowlby (1969) s'est
inspiré des travaux expérimentaux des éthologues avec les primates
non humains (Harlow & Zimmerman, 1959) pour développer sa théorie
de l'attachement. Ces études ont entre autres mis en évidence que
la recherche d'une contact physique réconfortant est indépendant du
besoin de s'alimenter (allaitement) " (in Enfance 2/2004 - Daniel
Paquette (institut de recherche pour le développement social des jeunes,
Centre jeunesse de Montreal et Département de psychologie, Université
de Montréal).
La théorie de l'attachement propose un modèle hiérarchique
de l'attachement. " Le jeune enfant est biologiquement prédisposé
à développer un attachement spécifique avec les personnes stables
de son environnement immmédiat " (Grossmann & Grossmann, 1998).
Les recherches démontrent que le père et la mère sont
capables tous deux de manifester de l'affection vis-à-vis de leurs
enfants et d'être sensibles à leurs besoins (Lamb 1997) . " Les bébés
s'attachen d'ailleurs à la fois au père et à la mère à peu près à
la même époque pendant la première année de vie, mais la plupart d'entre
eux manifesteront une préférence pour la mère dans les situations
qui génèrent un stress " (voir Lamb 1997). Par contre, de manière
générale, lorsque le père est présent, les garçons montrent une préférence
pour l'interaction avec leur père dès la seconde année.
Tous les travaux actuels sur l'attachement débouchent
sur 4 constats essentiels :
1. Les mères sensibles aux signaux de leurs enfants et qui y répondent
permettent l'établissement d'une relation mère-enfant sécurisante
(Ainsworth, 1984 ; Isabella &Belsky 1991)
2. les enfants qui ont bénéficié en bas âge d'une relation sécurisante
avec leur mère développent ultérieurement à l'âge préscolaire et à
l'âge scolaire davantage de compétences sociales que les enfants insécurisés
(Jacobson & Wille 1986, La Frenière & Sroufe 1985, Renken, Egeland,
Marvinney, Mangelsdorf & Sroufe 1980)
3. L'attachement mère-enfant s'avère relativement stable (correspondance
variant entre 64% et 75% entre l'attachement de l'enfant et vingt
ans :plus tard l'attachement adulte (Waters, Crowell, Treboux, Merrick
& Alberstein, 1995) .
4. Il semble bien y avoir une transmission intergénérationnelle de
l'attachement entre la mère et son enfant dans 68% à 80% des cas (Bakermans-Kranenburg
& van Ijzendoorn 1993, Benoit & Parker 1994.
Ces constats démontrent l'importance de la théorie de
l'attachement dans la psychologie de la petite enfance. Les recherches
se sont concentrées sur le lien mère-enfant car il est bien connu
(en psychologie expérimentale) qu'il est difficile d'impliquer les
pères dans des recherches de ce type et que de plus les outils théoriques
existants sont aux antipodes de l'intérêt de la majorité des hommes.
Actuellement, de nombreuses recherches tentent de rattraper
ce retard. Une voie particulièrement prometteuse s'oriente vers ce
qu'on appelle le lien d'activation. Les deux liens (attachement et
activation) fonctionneraient en complémentarité pour permettre à l'enfant
d'acquérir les connaissances complexes indispensables à sa socialisation.
T.R.
*Interprétation de quelques idées de
l'article de Daniel Paquette (institut de recherche pour le développement
social des jeunes, Centre jeunesse de Montréal et Département de psychologie,
Université de Montréal) paru dans " Enfance, 2004/2 "
{tableau 1} |