Remaniements
des responsables politiques
en matière familiale
La valse des ministres a transformé
le paysage institutionnel belge en matière familiale. Isabelle Simonis,
ex-Secrétaire d'Etat aux familles et aux personnes handicapées,
socialiste (PS), a laissé la place à Gisèle Mandaila, (MR-FDF).
Est-ce à dire que les avancés et les promesses faites aux parents
secondaires seront oubliées. Est-ce l'amorce d'un statu quo en matière
de politique familiale ?
"
"
Les papas.be attendent avec intérêt les résultats
de
la transplantation du foetus d'Isabelle Simonis à Gisèle
Mandaila
(dessin cité de Kroll issu du site fédéral
"lesfamilles.be")
Nous ne le croyons pas car les contacts avec le MR
ont été constructifs. Ils s'intéressent, au même titre que d'autres
formations politiques, à la problématique vécue par les parents
secondarisés. Certes, ils n'étaient pas les premiers à s'y intéresser.
Certes, il s'agissait de rencontres pré-électorales, d'avant leur
exclusion des gouvernements de la Région wallonne, de la Communauté
française et de la Région de Bruxelles-capitale.
Certes, de nombreux observateurs s'accordent pour
prévoir un automne explosif au niveau de la politique fédérale (avec
le risque de voir le MR rejeté également dans l'opposition). Dans
cette logique, la retraite du PS au niveau de la politique fédérale
des familles augurerait-elle d'une future reprise par le Cdh du
Secrétariat d'Etat aux familles et aux personnes handicapées.
Le Cdh pourrait ainsi devenir un interlocuteur privilégié
et un acteur de premier plan dans les matières familiales. La jeune
Catherine Fonck (Cdh) s'est en effet déjà emparée (pour 5 ans) du
Ministère de la santé, de l'enfance et de l'aide à la jeunesse au
sein du gouvernement de la Communauté française .
Au niveau de la Justice, Laurette Onkelinx (PS) reste
aux commandes du Ministère de la justice et, à ce titre, reste incontournable
en matière d'évolution du droit familial. Cela est rassurant si
l'on tient compte de sa promesse de faire de l'hébergement égalitaire
un modèle de référence. Une autre personnalité socialiste importante
pourrait intéresser la cause des parents secondaires et des pères
; il s'agit de Maria Arena, ministre de l'éducation à la Communauté
française et ministre de la formation à la Région wallonne.
Au total, les plus gros inconvénients que provoquent
ces remaniements ministériels se situent au niveau du renouvellement
des personnes de référence au sein des " cabinets ministériels"
et de la maîtrise des dossiers par des nouveaux venus. Autre incertitude,
la capacité de ministres féminins d'écouter des revendications masculines
dans des matières qui historiquement et culturellement ont été très
longtemps la chasse gardée des femmes et des mères.
T. R.
Halte
au delit de "sale sexe" (juin 2004)

Le journal du Mardi de ce 22 juin a consacré un article
de 3 pages à la problématique des parents secondarisés (évacués
de la sphère familiale par une décision judiciaire). Pour la première
fois, la journaliste aborde la situation des pères sous
l'angle de la discrimination.
En titrant par " Halte au délit de sale sexe ", Le
Journal du Mardi permet notamment d'envisager le " tout à la maman
" comme une dérive du système, comme une incitation à la ségrégation.
Ce que beaucoup de pères pensent depuis bien longtemps reçoit enfin
une reconnaissance médiatique.
Ainsi, les pères sont victimes de " racisme " judiciaire,
social et institutionnel. Ainsi, l'hébergement des enfants est aussi
une histoire de respect des Droits de l'Homme. La Cour européenne
des Droits de l'Homme (cedh) devrait donc condamner l'Etat belge
(et d'autres états aussi d'ailleurs) pour discrimination directe
et indirecte.
Quels sont donc les éléments qui poussent tant de
pères à se sentir humiliés, exclus, discriminés ?
Avant tout, précisons ce que certains appellent "
la double peine " : non seulement, les pères sont éloignés de leurs
enfants (voire démissionnés) sur base purement arbitraire du fameux
" intérêt de l'enfant " ; dans un deuxième temps, pour sans-doute
leur faire bien sentir l'ampleur de leur souffrance, ils sont condamnés
(c'est le terme exact) à payer une contribution non objective pour
leur absence.
Deuxièmement, lorsqu'ils portent plainte pour non-présentation
d'enfant par le parent principal (à 90% des mamans), ils sont niés
dans leurs droits : soit les fonctionnaires de police exercent une
pression morale telle que le père abandonne, soit ils subissent
une pression physique (cachot, menottes, techniques agressives qui
laissent peu de traces …) qui conduit certains d'entre eux à l'hôpital.
Troisièmement, ils n'ont pas accès à de nombreux
services sociaux (logement social, mutuelle de l'enfant, …) et sont
écartés du suivi scolaire de leur(s) enfant(s) sur base de la pure
mauvaise foi.
Quatrièmement, ils sont effacés des statistiques de
la pauvreté par absence de définition de leur statut (le statut
de famille monoparentale est déterminé par le critère administratif
de la charge de l'enfant - à 90% octroyé à la maman en cas de séparation
ou de divorce). Cette liste pourrait être allongé presque à l'infini
tellement la situation est grave. Beaucoup de pères ne comprennent
pas d'ailleurs pourquoi les associations de défense des droits de
l'Homme ne s'intéressent pas à cette réalité sociale.
T. R.
{tableau 1}