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Puerto Rico,
jeu de plateau
Ou le microcosme d'une économie coloniale du 18ème siècle
D'Andreas Seyfarth
Chez Alea, Ravensburger et Tilsit Editions (version française)
Puerto Rico est un jeu de plateau
créé par Andreas Seyfarth en 2002 (sortie en Allemagne) chez Alea.
Il est disponible depuis mai 2004 en version française chez Tilsit.
Il se distingue des jeux tels " Die Fürsten von Florenz " ( Les
princes de Florence) ou " Die Händler von Genua " (Les marchands
de Gènes) par une plus grande complémentarité et une meilleure fluidité
des mécanismes du jeu.
(janvier 2005)

La mécanique est en effet extrêmement bien huilée,
ce qui n'est pas toujours le cas d'autres jeux jouant dans la même
catégorie.
Le thème du jeu est la gestion d'une colonie du 18ème
siècle. Il y a des planteurs, des maçons, des intendants, des artisans,
des marchands, des capitaines de navires et des chercheurs d'or.
La trame se passe dans une île des Caraïbes, Puerto Rico. Le maçon
permet de construire des bâtiments qui détermineront le choix économique
du joueur. Le planteur permet de choisir le type de cultures, ce
qui déterminera en partie la stratégie du joueur. (…).
Comme tout bon jeu économique, il oblige les participants
à gérer une série de ressources en parallèle, sans connaître exactement
la position de ses adversaires dans la course à la victoire. Il
arrive assez fréquemment que l'on croie être en retard sur son voisin
de gauche, et patatras, il n'en est rien. Le suspens est maintenu
souvent jusqu'au bout. Cela ne signifie pas pour autant que Puerto
Rico soit un jeu de hasard, que du contraire.Cela signifie surtout
qu'il n'est pas possible de contrôler tous les mécanismes, ce qui
permet au jeu de garder sa fraîcheur, même après de très nombreuses
parties.
Au niveau des mécanismes de jeu, Puerto Rico combine
- la répartition cyclique des rôles (à chaque tour, un joueur choisit
le rôle qui lui convient, au tour suivant le joueur de gauche fait
de même et ainsi de suite), - le choix d'un type de développement
économique prioritaire (industriel, marchand, agricole, technologique
…) et - l'observation permanente des actions des autres joueurs.
On l'aura compris, il est impossible dans ce jeu de
s'enfermer dans une stratégie statique du début à la fin de la partie.
Certes, il faut choisir un angle d'attaque, mais à tout moment pouvoir
l'adapter à la réalité et à l'actualité des choix des autres joueurs.
Au niveau de l'apport du jeu dans la vie de tous les
jours, le choix d'une économie relativement simple (microcosme)
par Andreas Seyfarth permet d'appréhender les mécanismes de base
de toute économie. En cela, Puerto Rica acquière une dimension pédagogique.
Plus spécifiquement, chaque joueur doit suivre régulièrement l'évolution
de sa position dans le groupe, sur le " marché stratégique ".
L'accès à l'information est alors essentiel, la connaissance
des outils est évidemment capitale et le pilotage à vue basé sur
une idéologie-stratégie solide s'avère être la meilleure politique.
Du point de vue socio-politique ou associatif, de
telles structures ne conviennent pas aux régimes totalitaires (elles
nécessitent trop d'échanges, trop de dynamisme).
Point faible, un dynamisme trop permanent peut déraper
vers de l'activisme et in fine empêcher la bonne conduite d'une
action, d'un projet. Dans un jeu d'1h30, avoir l'esprit en éveil
en permanence est un plaisir. L'avoir tout le temps, toute la vie,
cela peut devenir une torture (cf. workalcoolisme - assuétudes au
travail). Questions de mesure !
En tant que jeu, Puerto Rico fait donc partie d'ores
et déjà des grands classiques. Un jeu pour toute la famille mais
aussi un jeu de stratégie pour les passionnés. A jouer d'urgence
!
T.R.
{tableau 1} |