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Le
Hed
(hébergement
équilibré diachronique)
De plus en plus d'études
et d'observateurs de la famille reconnaissent que la première
cause de maltraitance d'enfants paraît être la résultante
de conflits parentaux non apaisés (observatoire français
de la famille, édito du Vif -l'Express,
) .
Face à de tels faits, les associations de parents
secondaires ne peuvent que constater l'échec des idéologies
familiales actuelles et la faillite du système judiciaire
et administratif censé en garantir l'effectivité.
Il est urgent que l'Etat belge se donne des outils
neufs pour d'abord comprendre et ensuite encadrer l'évolution
des familles avec des normes " générales et abstraites
" rassurantes.
Dans cet esprit, Famille, droit et démocratie
a voulu écouter et a entendu de nombreux papas. Il nous paraissait
essentiel d'offrir une antenne à leurs propositions car ils
sont les principales victimes des discriminations parentales contemporaines,
souvent exclus de la sphère éducative et familiale
pour le plus grand malheur de leurs enfants.
Bien des pères estiment que l'hébergement
équilibré doit être encouragé. C'est
en effet aujourd'hui la seule piste neuve. Il s'inspire de l'hébergement
altérné tout en offrant une plus grande variété
de choix, adaptable aux différentes familles actuelles. Il
recherche d'abord l'équilibre et la responsabilisation des
parents. Ainsi, il permet aux familles qui arrivent à dépasser
leur conflit de couple lors d'une séparation de définir
le cadre le plus adapté à leurs besoins et à
ceux de leur(s) enfant(s). Par contre, il exige des familles " en
guerre " de suivre des normes beaucoup plus strictes, égalitaires,
générales et abstraites. Ainsi il fige le conflit
et l'empêche de se gangréner par une approche casuelle.
En résumé, la société fait confiance
aux parents responsables en leur donnant une large marge de manuvre
et elle impose aux parents moins responsables ou plus troublés
un cadre égalitaire apaisant.
Comme l'ont d'ailleurs rappelé des personnalités
politiques belges, aujourd'hui personne ne peut affirmer que l'hébergement
alterné soit plus nocif pour les enfants que l'actuel modèle
dominant de l'hébergement principal confié à
la mère. L'hébergement équilibré, toutes
choses par ailleurs étant égales, a cependant le mérite
de respecter la Constitution belge, la Convention européenne
des droits de l'Homme et la Convention internationale des droits
de l'enfant. Les principes de l'hébergement équilibré
éduquent en quelque sorte les enfants au civisme. Ils permettent
en effet aux enfants de respecter l'Etat et la Justice parce que
ces institutions, dans leurs choix, semblent opter pour une justice
entre leurs deux parents. L'hébergement équilibré
attenue ainsi de nombreuses tentations conflictogènes, de
la part des parents et, à terme, des enfants.
Par son approche non-violente et empathique, l'hébergement
équilibré contribue à la mise en place d'un
droit de la régulation (médiations, conciliations,
négociations privées
) et atténue la
dérive contemporaine du droit de la confrontation (procédures
judiciaires, plaintes, avocats
). La diminution du nombre de
procès est une priortié pour Famille, droit et démocratie.
La systématisation du cas par cas judiciaire est non seulement
coûteuse à la société mais également
a-démocratique puisqu'il génére un contrôle
social " orwellien " du divorce et de la séparation. La judiciarisation
forcée par l'utilisation du cas par cas est conflictogène
et présente bien souvent des germes pathogènes générateurs
de violences. Elle ne doit être utilisée que dans les
cas extrêmement graves et rares, lorsque le conflit parental
exige la mise en place de mesures semi-protectionnelles vis-à-vis
des enfants.
L'hébergement équilibré tente
d'objectiver le maximum de paramètres (contribution alimentaire,
individualisation des allocations familiales, application de l'autorité
parentale conjointe dans les matières de l'enseignement et
de la santé
). Il ne discrimine pas certaines catégories
sociales puisqu'il laisse le choix aux parents de ne pas choisir
l'hébergement alterné s'ils ne le désirent
pas conjointement tout en leur offrant la possibilité de
le choisir s'ils le désirent. Certains acteurs sociaux-politiques
affirment aujourd'hui que l'" hébergement alterné
" n'est une solution viable que pour les " riches ". Cette théorie,
en lien direct avec les idéologies familiales conservatrices
du 19ème siècle, est particulièrement malhonnête
et choquante. Avant toute chose, il faut donner une chance à
l'hébergement équilibré et encourager les déjà
15% de pères qui la demandent, quel que soit leur niveau
social et dès le plus jeune âge de leur(s) enfant(s).
Lorsque les papas n'auront plus l'impression d'engager
un combat vain, illusoire et perdu d'avance, peut-être que
le nombre de demandes d'hébergement alterné augmentera
également et que les pères auront d'autres choix que
de démissionner. C'est un message d'espoir que Famille, droit
et démocratie propose de partager avec toute personne, toute
institution désireuse de contribuer à l'émancipation
des parents et à la mise en place d'un modèle démocratique
et non-violent en droit familial.
Pour les papas démocrates et avec eux,
Pour les mamans démocrates, et avec elles,
Pour Famille, droit et démocratie
T.R.
{tableau 1} |