FISCALITE ET ALLOCATION
FAMILIALE
Notre société est traversée
depuis quelque temps par une forte diversité des situations familiales.
La famille classique " 2 parents ensemble pour la vie " est en passe
de devenir un mythe. Il est nécessaire que les institutions collent
à cette réalité.
Les politiques fiscales et de Sécurité Sociale sont
les deux moteurs pour la redistribution des ressources collectives
vers les individus les plus fragiles.
A ce titre les familles doivent occuper une place
de choix car à elles sont dévolues la tâche de faire d'individus
inachevés des adultes capables et responsables.
Les différents régimes de soutien à la parentalité
ont le mérite d'exister même s'ils sont en décalage avec les besoins
présents. Fruits de longues luttes, d'épuisantes concertations,
ils peuvent être à même de répondre à ce souci d'éduquer nos enfants
dans un climat de paix et de débats. Bien sûr ils sont perfectibles
!
Bien sûr ils peuvent évoluer ! Et c'est à ce titre
que nous tous ici présent posons des jalons pour leurs réformes
continues.
Avant tout Cap's Enfance
pose quelques principes fondamentaux :
1. " Un enfant a besoin autant de ses deux parents
" C'est dans ce rapport de dualité qu'il prendra ses propres marques
pour entamer son parcours. Il est donc fondamental que l'ensemble
des droits et des devoirs soit réparti de façon équitable entre
les deux parents. Or cette notion de dualité parentale n'est aucunement
respectée dans l'attribution des moyens.
2. " Le choix de vie doit rester neutre sur la répartition
des ressources. " Le choix de famille ne peut en aucun cas entraîner
de discriminations dans l'attribution des ressources. Qu'elle soit
unie, séparée, recomposée.
3. " Les besoins de l'enfant sont tout aussi importants
que ceux des parents. " Ainsi les ressources dédiées à l'enfant
par les parents devraient tenir compte des besoins nécessaires à
la vie des parents.
De tout cela Cap's Enfance
émet quelques propositions :
1. L'individualisation des
droits en allocation familiale:
" Un enfant = un enfant " (1) mais aussi " Un parent
= un parent " (2) (2) Qu'ils soient unis ou séparés un parent reste
parent. Tout aussi capable dans la séparation que dans l'union.
Il est donc important de ne provoquer la chute ni de l'un ni de
l'autre.
Car une séparation appauvrit. L'individualisation
de l'attribution et de l'allocation sera une source d'apaisement
pour tous : enfant, famille, pays. Chaque parent se voit octroyer
sa quote-part jusqu'à l'épuisement du droit. Qu'ils soient unis
ou séparés.
Tout enfant a les mêmes besoins à la naissance. La
société doit veiller à consacrer la même ressource à chacun d'entre
eux. Si des différences interviennent, elles doivent pouvoir se
justifier de façon objective.
Par exemple, rang de l'enfant, classe d'âge, handicap,
notamment. En effet le rang de l'enfant et donc le nombre d'enfant
dans une famille, détermine la part de revenus propres des parents
affectés aux enfants. Ainsi une famille avec plusieurs enfants consacre
plus de ressources propres aux enfants qu'une famille à un seul
enfant.
Il est donc important pour compenser ce facteur d'appauvrissement
de favoriser les familles à plusieurs enfants. …." Un beau principe
peut engendrer les pires effets ".
Car le régime des allocations familiales -pour respecter
entre autres le principe constitutionnel de l'égalité des belges
devant la loi- ne peut avoir pour seul objectif que de compenser
la perte du revenu relatif des familles, c'est-à-dire celui dédié
à(aux) l'enfant(s), par l'attribution à la famille d'une allocation
par enfant selon son rang .
Le terme " famille " dans " allocations familiales
" recouvre la dimension d'un ménage avec enfant(s), quel que soit
la forme de ce ménage. Il n'existe pas d'allocations familiales
pour ménage sans enfant.
Le régime des allocations familiales n'a pas pour
fonction directe de mettre en œuvre une politique nataliste ou dénataliste.
Il ne vise nullement à compenser une diminution du
revenu propre des familles ou une augmentation du coût de la vie.
Il ne peut avoir pour fonction de résoudre les inégalités
et/ou les disparités sociales entre les familles au sens général.
Il ne peut avoir pour fonction de discriminer positivement
un type de familles par rapport à un autre.
Il est important quand on décide de modifier ce régime
de respecter ces principes.
2. L'individualisation des
avantages fiscaux :
Le régime fiscal actuel de soutien aux familles repose
notamment sur :
a. Des quotités exemptées d'impôt sur la 1ère tranche
de revenus, et croissantes en fonction du nombre de personnes à
charge (enfant(s) et/ou conjointe).
b. Le quotient conjugal où le revenu d'un des deux
conjoints est divisé et réparti sur les deux têtes.
c. Des revenus exemptés d'impôt en cas de garderie
d'enfant.
d. Des revenus exemptés d'impôt en cas de paiement
d'une contribution alimentaire pour enfants.
e. Et un régime " préférentiel " de réduction du précompte
professionnel (p.p.)pour tenir immédiatement compte du régime des
quotités exemptées pour personnes à charge.
f. des " bonis d'impôt " pour les bas revenus exemptés
d'impôt (anciennement impôt négatif) (cette mesure sera d'application
prochainement).
Or tous ces avantages fiscaux ne concernent que la
seule personne désignée comme chef de famille. Ces avantages sont
liés au statut de cette personne par rapport aux enfants.
Est-il juste, raisonnable et équitable d'octroyer
ces avantages à une seule personne dans notre monde de fami-diversité
? Est-il équitable de faire supporter le poids de la séparation
sur les épaules d'une seule et unique personne ?
La perte du statut de chef de famille entraîne une
hausse du précompte professionnel et en corollaire le paiement d'une
contribution alimentaire ne donnant droit à aucune réduction de
ce précompte professionnel.
Cet assèchement de trésorerie conduit souvent ces
parents aux marches de la pauvreté absolue. Ainsi les conséquences
sociales sont dramatiques. Et les conséquences humaines ravageuses.
Cette situation en l'état n'est plus acceptable. La
société doit se donner les moyens d'accompagner la séparation des
familles. Qui plus est lorsque cette dernière dispose, théoriquement,
de moyens non encore alloués, pour les familles.
Cap's Enfance demande l'individualisation de l'ensemble
des moyens fiscaux en faveur des familles où chaque parent reçoit
sa quote-part, dans l'union comme dans la séparation.
3. Cap's Enfance demande
aussi pour éviter l'assèchement financier et donc le surendettement:
a. L'incorporation automatique des montants des contributions
alimentaires dans le calcul des p.p.
b. Mais aussi par le biais du Fonds de Créance Alimentaire,
une avance de ce dernier au parent débiteur incapable de payer la
contribution alimentaire due, remboursable au Fonds au moment de
l'établissement de l'impôt du débiteur. Cette solution permettrait
non seulement d'éviter à ces parents la condamnation pénale pour
abandon de famille mais aussi la non déduction de la contribution
pour cause de versement non régulier. Ainsi au lieu d'avancer l'argent
au créditeur, Le fonds se substituerait au débiteur. Au niveau budgétaire
il s'agirait dune opération totalement neutre. Et au niveau du créancier
d'aliments il n'y aurait aucune différence de situation.
{tableau 1}