Santé
de l'enfant, le suivi médical
Santé psychique
Aucun enfant ne ressort indemne d'un conflit
parental. Les probabilités pour que l'enfant devenu adulte
reproduise inconsciemment le même schéma ou s'enfonce
dans la dépression sont assez importantes .
L'enfant privé d'un père ou d'une
mère ne guérira jamais de ce manque affectif même
si ce vide semble avoir été compensé. Cette
souffrance intérieure, il ne peut souvent l'extérioriser.
Le vide laissé par l'absence du parent écarté
l'hantera toute sa vie. C'est une page blanche dans son histoire
L'enfant privé d'un de ses deux parents
subit alors de lourds préjudices. En " handicapé "
psychique, son adolescence sera souvent plus perturbée, son
rapport au débat et à la règle plus conflictuel
puisqu'il aura toujours eu affaire à une seule loi, toute
puissante, celle du parent principal. Le débat parental au
sein d'une famille permet souvent à l'enfant de pouvoir faire
un choix entre deux points de vue. Si l'enfant n'a jamais été
témoin des concessions faites entre parents, devenu adulte,
il aura d'autant plus difficile à créer un couple,
n'ayant jamais eu l'expérience de la négociation parentale.
Il s'enfermera rapidement dans l'exemple de l'affirmation d'un égo
jamais contesté. La Belgique n'est pas épargné
par ce constat psycho-sociologique. Elle figure en effet parmi les
pays où le nombre de divorces et l'usage de médicaments
tranquilisants sont particulièrement élévés.
Le parent secondaire exclu
du suivi médical de ses enfants
La Belgique souffre d'une épidemie très
particulière : les certificats médicaux de complaisance.
L'enfant bénéficie de plus en plus souvent " de sorties
interdites aiguës " les jours ou il doit aller le week-end
chez son père. Lorsque le parent secondaire inquiet contacte
le médécin prescripteur, bien souvent ce dernier ne
se rappelle plus de ce dont l'enfant souffrait. En insistant, le
médecin éludera la question en expliquant qu'il n'a
pas le temps ou qu'il est justement en consultation.
Pour disposer des information indispensables concernant
la posologie des médicaments, il doit souvent aller mendier
chez un autre médecin, voire payer une consultation chez
un spécialiste, sans pour autant être remboursé
par la mutuelle puisque l'autre parent monopolise la carte SIS.
Pour avoir un duplicata de la carte SIS, il faut un
jugement qui précise que l'autorité parentale est
conjointe. On obtiendra alors un document de la mutuelle
valable 3 ou 6 mois permettant de bénéficier du tiers
payant dans les hôpitaux et d'avoir les médicaments
au prix mutuelle. Pour le remboursement des prestations d'un médecin
spécialiste, c'est encore plus complexe.
Certains médecins de " famille " de l'enfant,
bien souvent choisis par le parent principal, refuseront même
de faire des analyses courantes demandées par le parent secondaire
par peur de déplaire à l'autre parent, client depuis
de nombreuses années, ou pour toute autre raison qu'il ne
souhaite pas commenter.
L'avis d'une maman est trop souvent prioritaire et,
pour peu qu'elle ait lancé des rumeurs, le médecin
se méfiera du parent secondaire. Le rapport de confiance
est alors rompu. Les mutuelles connaissent fort bien cette problématique.
Ils reçoivent quotidiennement de nombreux appels téléphoniques
de papas mis dans cette situation. Par ailleurs, les hôpitaux
exigent en général la carte SIS et d'autres documents
que le parent secondaire ne peut fournir. Cela peut créer
une irritation de la part des établissements hospitaliers
et donc influencer leur rapport avec les parents secondaires, considérés
comme " des clients difficiles ".
Solutions
Informer les médecins de la problématique,
leur rappeler le rôle prioritaire de leur profession, ne plus
accepter de faire des attestations pour les parents sauf en cas
de réel danger avéré pour l'enfant.
Convenir avec les mutuelles de l'octroi d'une carte
SIS à chacun des deux parents et faciliter l'accès
aux informations médicales concernant l'enfant. Connaître
les noms des médecins consultés, faciliter l'achat
des médicaments et le remboursement des consultations médicales
pour l'enfant effectués par le parent secondaire. Permettre
aux deux parents d'avoir accès au dossier de l'enfant dans
les hôpitaux
{tableau 1}