Les familles constituent encore à ce jour un des
fondements essentiel de notre société. Qu'elles soient classiques,
plurielles, éclatées, soudées, c'est en leur sein que baigne l'enfant.
Il y découvrira des impulsions, des schémas, des codes, des valeurs
nécessaires à son épanouissement.
Fort de ce bagage il sera capable et enthousiaste
pour puiser vers l'extérieur des valeurs complémentaires et/ou "
concurrentes ".
C'est donc aussi dans l'apport des familles et ensuite
dans sa confrontation à l'extérieur que peut se construire la personnalité
d'un être humain.
De ces Etats Généraux sur les Familles 2005, il apparaît
clairement que la grande majorité des intervenants œuvrent dans
ce sens, qu'ils soient associatifs et/ou publics.
Bien sur, notre société est traversée par de multiples
courants souvent complémentaires mais quelquefois adversaires. Le
principe essentiel pour naviguer dans cette mer agitée est à chaque
instant de voir plutôt ce qui nous rapproche de ce qui nous sépare.
Ainsi peut émerger une approche coopérative, d'échange,
où chacun d'entre nous pourrait puiser dans l'autre l'outil qui
lui fait défaut, la ressource qui lui manque, voire seulement rediriger
nos publics respectifs vers l'association la plus apte à l'aider.
A ce jour l'ensemble des acteurs liés au soutien à
la parentalité, de par leurs histoires respectives, agissent en
fonction de thèmes et de publics spécifiques dont ils se préoccupent,
et des objectifs qu'ils se fixent.
D'où un éclatement de cette grande famille, un clivage
des prises de position et quelquefois une méfiance dans les intentions
prêtées à certain(e)s. Et in fine la stigmatisation, puis l'exclusion
de l'une ou l'autre association de tout circuit associatif et/ou
public.
La conséquence ultime est le rejet d'une série de
publics fragilisés dans leur parentalité dont plus personne ne veut
s'occuper adéquatement, avec les conséquences dommageables pour
l'ensemble de la société que tous nous connaissons.
Il est important de dépasser les clivages sociaux,
les différends idéologiques et les antipathies personnelles afin
d'apporter un soutien réel à la parentalité.
Afin de concrétiser cet engagement, il nous apparaît
judicieux de pointer quelques principes et d'ébaucher une méthode.
Des principes
1. Le soutien aux diverses approches parentales respectueuses
du bien-être de l'enfant devrait être l'objectif de tous. Dans une
société ouverte sur l'autre, la famille se décline de plus en plus
au pluriel.
2. Les associations, organismes et institutions émettent
le souhait, sur base volontaire et non contraignante, de se rencontrer
et d'échanger leurs expériences.
3. A cette fin, une plateforme peut s'avérer être
une bonne piste
Une méthode : l'objectivation
de l'identification des associations
1. Il est important de connaître, et de reconnaître
chaque acteur et son public parental spécifique, pour pousser à
l'échange, à la coopération et au rapprochement. Une cartographie,
c'est-à-dire un état des lieux de l'ensemble des acteurs, peut répondre
à ce souhait.
2. L'identification des associations peut en partie
se faire sur base volontaire mais devra aussi se baser sur une analyse
éthique des objectifs et sociologique des publics de tel ou tel
groupement ou association.
3. Il est souhaitable d'analyser la représentativité
relative des différentes associations pour vérifier que tous les
courants de la société soient bien représentés ; ceci afin de se
rapprocher d'une photographie assez fidèle de la réalité. Ce travail
pourrait nécessiter une actualisation périodique.
4. Le plus large consensus sera probablement indispensable
pour la définition et l'emploi des différents critères et d'une
méthodologie, ceci afin d'éviter les mises à l'écart, les ignorances
ou les rejets purs et simples de certains acteurs.
5. Le rapport de force induit devra être géré. Il
faudra veiller à un équilibre quantitatif/qualitatif des différents
acteurs par, entre autres, une traçabilité de leurs actions ou encore
le respect du principe juridique de la proportionnalité. Un mouvement
de masse, toutes choses étant par ailleurs égales, devrait être
davantage écouté qu'une petite association locale ? Un centre de
recherche reconnu, toutes choses étant par ailleurs égales, devrait
être davantage suivi qu'un petit groupe d'étude ?
6. L'adéquation au(x) besoin(s) des acteurs devra
évidemment faire l'objet d'un suivi et d'une évaluation objective
et périodique.
{tableau 1}