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QUAND "ARTE" DERAPE...
Texte collectif d'un groupe de réflexion aux relations enfant-parent rompues, légèrement adapté par lespapas.com

Parmi les nombreuses réactions suite à la diffusion d'un reportage consacré aux mouvements dits de pères le 22 mars dernier, voici une analyse réalisée par un groupe international d'experts et de parents (pères et mères) à propos d'un reportage d'ARTE contesté, en ce compris par le Nouvel Observateur et Le Monde, concernant des associations de sauvegarde de la relation entre enfant et parent non-gardien

Les amalgames et les généralisations abusives dans ce reportage témoignent de la logique (corrompue ?) du raisonnement et du travail journalistique réalisé dans ce film. La réponse des journalistes aux nombreuses critiques du reportage ne prend aucunement en compte les nombreuses critiques parvenues, de toutes parts et de diverses formes et argumentations: non, elle sélectionne une seule lettre (celle qui leur convient, peut-on supposer) et tente de développer une contre-argumentation, en fait une auto- justification.

Pour ce reportage, les journalistes ciblent ce qui convient à leur thèse et évitent ainsi un travail plus objectif, élaboré, nuancé, étayé. Constat inquiétant ! On remarquera tout d'abord que les réalisateurs passent allègrement d'un terme à l'autre, de " mouvements de pères " à " mouvements masculinistes " en passant par " mouvements de défense des droits des pères ": pour eux, le postulat est clair et la démonstration est une fois de plus faite dans ce texte et le téléspectateur/lecteur doit s'en contenter : les mouvements de pères sont des mouvements masculinistes !

Pendant que de nombreux mouvements et associations sont ou deviennent mixtes, le plaidoyer imposé au téléspectateur et au lecteur occulte tout à fait cette réalité. Pendant que de nombreux mouvements et associations où se retrouvent des pères mettent en avant l'intérêt de l'enfant et ne se contentent pas ni ne s'enferment dans une logique sexiste, le reportage gomme cette réalité sociale et réduit volontairement (objectivement ?) cette réalité.

Les auteurs ont-ils orienté leur travail de façon outrancière ? la réponse est évidente et malheureusement affirmative et parfois même de manière fautive. Force est de constater que les auteurs du reportage ont eu recours au procédé facile, mais déontologiquement discutable, de rechercher et cibler des éléments connotés dans la logique de leur postulat de départ : les mouvements préoccupés par les ruptures enfant-parent non-gardien sont " des mouvements de pères qui sont des mouvements masculinistes qui sont des rétrogrades et en majorité des homophobes " ! (sic)

Et ainsi de mettre seul cela en exergue dans un reportage qui n'est plus une analyse objective de mouvements et associations (fussent-ils de pères ou de pères en majorité) mais un plaidoyer pour tenter de démontrer une thèse. Pourquoi ? avec quelle intention ? comment en est-on arrivé là ? Nous y reviendrons, pour nous-mêmes développer des hypothèses.

Exemples de quelques problèmes dans ce reportage :

L'intervenant le plus représenté dans le reportage, un certain Martin DUFRESNE, canadien, est présenté comme sociologue. Présenté comme scientifique crédible, analyste des mouvements sociaux ; ce dernier est en fait traducteur et travaille pour des associations très marquées, non pas du tout scientifiquement, mais sur le plan des textes et thèses défendues : associations très militantes dans une mouvance radicale-féministe au Canada et tenant des positions très sexistes ; c'est le droit le plus strict de Monsieur DUFRESNE mais ce qui est inacceptable, c'est que les journalistes ont abusé le téléspectateur (et ARTE ?) en faisant croire que ce Monsieur est scientifiquement reconnu et compétent comme sociologue alors que c'est un traducteur (voir par exemple http://www.owjn.org/custody/dufresne.htm ). Ceci est une faute lourde et un abus journalistique grave et mérite une mise au point de la chaîne qui a ainsi abusé la bonne foi des téléspectateurs en faisant croire au caractère rigoureux de l'analyse présentée alors qu'en fait le principal analyste présent dans le reportage n'est absolument pas sociologue et n'a aucun diplôme justifiant d'être ainsi présenté aux yeux de l'opinion publique européenne.

Un autre expert, le pédopsychiatre belge HAYEZ a en fait été vivement désavoué par la Justice belge en 2001 dans une expertise judiciaire. Et nombreuses sont aujourd'hui les voix qui s 'élèvent en Belgique contre certaines de ses positions jugées plus polémiques que scientifiques (ainsi par exemple ses positions sur l'affaire de la petite Colette en Belgique et de Charlotte WASHINGTON en France -affaire dite des adrets- et concernant des critiques voire des propositions d'exclusion d'expertises de confrères et professionnels psychiatres et psychologues formés et sensibilisés aux phénomènes de ruptures enfant-parent ).

Et le fait de monter en épingle des propos et images tels que "blanche-neige, chaperon-rouge, le loup et ...les salopes" sont d'un goût, d'un ton, d'un esprit, d'un travail plus que douteux, en tout cas contestable ou interpellant pour le moins.

Le téléspectateur est obligé d'accepter le principe ainsi imposé des réalisateurs : les mouvements préoccupés de maintenir une relation harmonieuse entre les enfants et leurs deux parents s'ils sont composés de majorité ou uniquement de pères sont des mouvements en fait masculinistes, en ce compris les femmes membres et participantes de ces associations et mouvements, et ce fondé sur l'analyse subtile de faux scientifique et de scientifiques contestés par des institutions publiques et de défense de l'intérêt public.

Que dire également de l'affirmation des journalistes dans leur réponse (à sens unique) que la majorité de leurs membres sont homophobes, rétrogrades, etc Pourquoi un tel travail a-t-il été diffusé ainsi sur ARTE? Il faut émettre l'hypothèse suivante : n'est-ce pas l'intention des auteurs du reportage qui serait rétrograde ? En niant et en occultant l'évolution des positionnements culturels et sociaux d'associations et mouvements, les auteurs ne sont-ils pas entrés ou restés dans une logique sexiste rétrograde ? La question mérite d'être posée.

D'autre part, lorsque l'on analyse la référence dans ce texte de réponse et les publications disponibles sur le site d'ARTE, nous sommes en droit de nous demander ceci : Quelle est l'influence dans ce dossier d'associations clairement marquées sur le plan du critère de sexe (par exemple, le site " sisyphe ", très proche des journalistes, un site qui présente des analyses comme scientifiques alors qu'elles sont surtout orientées, polémiques et manipulatoires (textes prétendus scientifiques, en fait écrits par une infirmière, etc).

Le reportage d'Arte et les associations qui ont fourni le matériel pseudo-scientifique fonctionnent sur le même principe : il s'agit un travail unilatéral et à charge exclusivement, avec des prétentions scientifiques, mais qui vacille bien vite à l'œil attentif et averti du scientifique.

Chacun a droit à l'expression, notamment sur des sites internet, mais de là à ce qu'une télévision de service public se laisse naïvement entraîner dans de telles prestations est beaucoup plus inquiétant et mérite un réexamen objectif de la situation, voire davantage.

Plutôt que de faire un travail indépendant et objectif, les journalistes TONELOTTO et HANSMANN n'ont-ils pas été trop proches d'associations connues pour leurs positions sexistes et ultra-féministes (aux dires et analyses de féministes elles-mêmes!). En cela se sont-ils laissés instrumentaliser par cette mouvance, entraînant ARTE dans un travail contestable ? Sinon, et si cela était délibéré et en toute conscience, il leur faudra rendre des comptes auprès d'ARTE et de l'opinion publique abusée par des postulats et procédés contestables , voire même fautifs professionnellement (comme le faux sociologue canadien) .

La question mérite au moins d'être posée, plusieurs éléments sont en effet inquiétants dans ce dossier et nul doute qu'une instruction consciencieuse mérite d'être tenue, tant au niveau d'ARTE qu'au niveau du CSA, voire des tribunaux si besoin.