A l'attention de Mme Gisèle
Mandaila
Secrétaire d'Etat aux Familles et aux personnes handicapées
Suite au résultat des élections
du 13 juin dernier, jour de la fête des pères qui est presque passée
inaperçue, vous avez été élue Secrétaire d'Etat aux familles et
aux personnes handicapées, reprenant ainsi le poste tenu précédement
par Mme Isabelle Simonis. Mme Isabelle Simonis a eu en charge de
conduire un chantier, celui des Etats Généraux des Familles et s'est
rendu compte de la difficulté et de l'ampleur de celui-ci à tous
les niveaux compte tenu de la diversité des familles actuelles et
de l'évolution de la société. Ces nouvelles familles qui ne ressemblent
plus à celle de nos parents et grands-parents.
Nous avons pu nous entretenir plusieurs fois avec
elle pour exprimer notre désarroi de parent exclu et/ou secondarisé
.Celle-ci, malgré le fait de ne pas nous avoir invités à participer
physiquement aux divers groupes de travail des Etats Généraux des
Familles, nous avait écouté et promis de ne pas nous oublier pour
la suite de ce vaste chantier, qui de ses mots, continue à tous
les niveaux.
Nous lui avions alors remis un casque, un casque blanc
à l'enseigne du MEP qui est devenu pour nous le symbole des difficultés
que nous rencontrons au quotidien dans nos vies de père, d'homme.
Un casque pour se protéger de tout ce qui pourrait nous tomber dessus
dès que commence le combat de faire valoir ses droits de parent
secondarisé ou dès que sont envisagées des modifications législatives
touchant le droit de la famille.
Dans cet esprit, nous vous rappelons que parmi les
sujets non-traités dans le cadre des " Etats généraux des familles
" figure : l'application effective de l'autorité parentale conjointe
en cas de séparation et de divorce dans le cadre de la scolarité,
de la santé de l'enfant … Ce sujet est particulièrement cher
à nos revendications et pourtant par " manque de temps …
", il n'a pu être abordé.
Un tel oubli montre qu'une série d'acteurs, même objectifs,
rendent sans le savoir le chantier des familles dangereux pour les
parents secondarisés. Le port du casque s'avère alors une nécessité.
Le Mep représente les familles mono-parentales exclues,
des pères et des mères qui ont subi toutes les discriminations et
qui doivent se battre pour faire valoir leurs droits et même parfois
pour simplement en avoir. Nous voulons attirer votre attention sur
le fait des inégalités et de la ségrégation parentale qui existe
encore en 2004 dans les institutions scolaires tant fondamentales
que secondaires, tant de l'enseignement libre que de l'enseignement
officiel … ; alors qu'une loi a été votée en avril1995 pour qu'il
y ait plus d'équilibre et d'égalité entre les parents séparés mais
aussi et surtout pour qu'ils puissent rester des acteurs dans la
vie de leurs enfants et assumer leurs rôles, cela en conformité
avec les responsabilités prévues par les lois belges.
Pour rappel, l'article 374 du Code civil belge dit
ceci. Lorsque les pére et mère ne vivent pas ensemble, l'exercice
de l'autorité parentale reste conjoint et la présomption prévue
à l'article 373, alinéa 2, s'applique.
"A défaut d'accord sur l'organisation de
l'hébergement de l'enfant, sur les décisions importantes concernant
sa santé, son éducation, sa formation, ses loisirs et sur l'orientation
religieuse ou philosophique ou si cet accord lui paraît contraire
à l'intérêt de l'enfant, le juge compétent peut confier l'exercice
exclusif de l'autorité parentale à l'un des pére et mére. Il peut
aussi fixer les décisions d'éducation qui ne pourront être prises
que moyennant le consentement des pére et mère. Il fixe les modalités
selon lesquelles celui qui n'exerce pas l'autorité parentale maintient
des relations personnelles avec l'enfant. Ces relations ne peuvent
être refusées que pour des motifs graves. Celui qui n'exerce pas
l'autorité conserve le droit de surveiller l'éducation de l'enfant.
Il pourra obtenir, de l'autre parent ou tiers, toutes informations
utiles à cet égard et s'adresser au tribunal de la jeunesse dans
l'intérêt de l'enfant. (…) "
Près de 10 ans plus tard et malgré toutes les circulaires
réalisées par des spécialistes, encore une fois de la famille (
ex: unité de droit familial de l'U.L.B. ), pour aider à comprendre
cette loi et la rendre plus accessible aux tiers qui y seraient
confrontés au quotidien dans le cadre de leur travail ; nous constatons
que presque rien n'a changé.
Pire, nous avons tous été confronté à des gens
qui ignoraient tout simplement l'existence de cette loi, de ces
circulaires et même d'autres qui par mauvaise volonté n'en tenaient
pas compte. Nous tenons à vous dire que nous sommes conscients que
l'enseignement en général en Belgique, tant du côté francophone
que néerlandophone et cela tous niveaux confondus est en difficulté.
Tous les Partis le disent, les pouvoirs organisateurs,
les chefs d'établissement, les membres pédagogiques des écoles et
même les centres Psycho-médico-sociaux le confirment. Nous savons
que cela représente le combat de beaucoup d'intervenants du monde
syndical et que comme nous ils ont décidé de garder leurs manches
retroussées car il y a encore beaucoup à faire. Nous savons également
que l'école doit tenir compte d'une certaine logique de marché.
Mais tous disent qu'elle doit être plus juste,
plus égale, plus solidaire, plus tolérante, plus émancipée et collective.
Et cela ne l'autorise pas de bafouer les droits des parents séparés
et de participer de manière générale à supprimer un des parents
à un enfant qui en a besoin dans sa sphère affective et éducative.
L'école n'a jamais eu le rôle de remplacer le ou
les parents chez ses élèves. Nous pensons que le triangle école-enfant-parents
est à revoir. Un enfant de parents séparés est déjà marginalisé
dans les faits. Il subit toujours la situation lorsqu'elle est conflictuelle
entre ses parents.
Lorsqu'un des parents mets en place un système d'aliénation
et pas nécessairement par de la violence verbale, il est obligé
inconsciemment de prendre le parti de ce parent destructeur. Alors,
lorsque la situation est celle-là, celle de la guerre qu'un parent
déclare à l'autre, l'école ne doit pas intervenir sans connaître
la situation exacte et objective.
Si elle le fait et elle le fait tous les jours car
nous l'avons vécu, elle encourt le risque d'être poursuivie en justice
car il y va de la responsabilité de celle-ci. Les circulaires ministérielles
avaient pour but d'éviter ce genre de situations en expliquant les
cas de figures compliqués et les moyens d'y remédier.
C'est dans cet esprit que nous sommes là aujourd'hui
; pour vous exprimer notre mécontentement et vous témoigner du constat
actuel, des situations spécifiques rencontrées et vous faire des
suggestions et vous proposer nos services pour élaborer ensemble
une meilleure démocratie pour toutes et tous, mais surtout, encore
une fois pour nos enfants qui eux aussi deviendront des adultes
acteurs de la société à venir, les parents des générations futures.
{tableau 1}