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Communiqué de presse Amnesty International et l'Institut pour l'égalité hommes-femmes ont lancé coup sur coup deux campagnes d'information sur la violence conjugale. Même si de part et d'autre, l'accent a été mis sur la difficulté de connaître la réalité de manière chiffrée, des chiffres ont néanmoins été cités et utilisés de manière centrale dans leurs campagnes. Pour la plupart de ces statistiques, elles sont soit carrément fausses, soit à ce point vagues qu'il nous paraît légitime de les mettre en cause au moins partiellement. (décembre 2004) Certes, personne ne conteste que la famille et/ou le couple soient au centre d'importants problèmes de société et de violence . La femme, en position de faiblesse au niveau de la force physique, subit certainement des actes de violence. Il faut évidemment combattre tous ces abus de pouvoir intrafamiliaux. Mais, faut-il pour autant grossir le trait et ainsi travestir la réalité. La question que nous nous posons est en quelque sorte celle de : " La fin justifie-t-elle les moyens ? " Pour Famille, Droit et Démocratie, en tout cas, désinformer contribue au non-respect des Droits de l'Homme et travestir la réalité s'apparente à de l'incitation à la discrimination (directe ou indirecte). Depuis Timisoara, la recherche de vérité ne doit pas se limiter aux bonnes intentions. Respecter la vérité, quelles qu'en puissent être les conséquences pour soi-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité nous paraît essentiel. Coté chiffres : " La violence conjugale entraînerait en Europe plus de morts parmi les femmes de quinze à quarante-cinq ans que le cancer ou les accidents de la route " (dans Le Soir des 25-26 novembre 2004, sur base d'informations données par Amnesty International). Faux ! Les statistiques européennes* précisent qu'en moyenne 5,5 femmes par 100.000 habitants sont victimes d'accidents de la Route. Les statistiques présentes dans les Quid entre 1995 et 2004 tournent autour des mêmes chiffres. Pour ce qui est des suicides de femmes, cela tourne entre 6 et 7 par 100.000 habitants. Les Chiffres d'Amnesty International** et du Lobby européen des femmes citent en moyennne 5 homicides (pour violence conjugale) par millions de femmes âgées entre 16 et 44 ans. Pour la Belgique, cela ferait environ 25 femmes assassinées dans la sphère familiale pour plus de 180 femmes mortes sur les routes et plus de 200 femmes qui se sont suicidées. La première cause violente des décès de femmes entre 16 et 44 ans n'est donc par la violence conjugale. Les premières causes étant bien sûr le suicide et les accidents de la route. " Une femmes sur cinq (Le soir), une femme sur 8 (Le Vif-L'Express du 26 novembre 2004), une femme sur 10 (Le Monde du 25 novembre 2004), seraient victimes de violences conjugales ou familiales … " " 98 % des victimes de la violence domestique seraient des femmes. En Belgique, 68% des femmes auraient été victimes de violences physiques et/ou sexuelles (chiffres : LEF 1998)*** : 1 femme sur 5 aurait subi des violences de son mari ou de son compagnon. En Belgique 48,4% des auteurs de violences physiques ou sexuelles subies par les femmes seraient les partenaires (chiffres : LEF 1998)*** " (dans la brochure d'information de l'Institut pour l'égalité Hommes-Femmes de la campagne " La violence nuit gravement à l'amour ") Faux par omission ! Les statistiques officielles américaines**** indiquent qu'environ 69 % des homicides intrafamiliaux sont le fait d'hommes et 31% de femmes (avec un taux global des homicides intrafamiliaux plus importants qu'en Europe). Les statistiques canadiennes***** indiquent que la violence globale (qui n'intègrent même pas les non représentations d'enfant) entre hommes et femmes est identique mais précisent qu'il existe une grande différence (de l'ordre d'un hommes pour 2 à 3 femmes) au niveau des actes particulièrement graves (assassinats, coups et blessures graves …). Donc, cela ne fait pas de doute, au niveau des crimes et des délits les plus graves, l'homme est plus violent, mais la violence des femmes existe également à ce niveau (entre ¼ et 1/3 des cas). Si une femme sur 5 a subi des violences de son mari et/ou de son compagnon, alors un homme sur 6, sur 7 a aussi subi de telles violences. Quant aux violences les plus graves, elles ne sont pas uniquement à sens unique. De plus, les sources européennes et nord-américaines indiquent de manière incontestable depuis des années une surreprésentation des hommes dans les statistiques du suicide. Avec de telles données, si on fait l'hypothèse (minimaliste) qu'un suicide sur 40 est lié à un conflit de couple, le nombre de décès masculins liés à la violence conjugale est supérieur à celui des femmes ! Par ailleurs, sur la forme, les chiffres de l'Institut pour l'(in)égalité hommes-femmes sont particulièrement tendancieux et maladroits. Le chiffre de 98% est absurde, pourquoi pas 107% tant qu'on y est. En intégrant uniquement la population homosexuelle sur une base égalitaire (les études américaines prouvent qu'ils ne sont pas épargnés par la violence domestique), nous serions déjà largement en dessous de la barre des 98%.Par la suite, en l'espace de trois lignes de texte, l'Institut cite des chiffres contradictoires : 48% de 68% cela fait environ 33%, ce n'est pas 20% (1 femme sur 5).
En conclusion, pour la Belgique, si l'on tient compte
de toutes les données citées, nous arrivons à
une approximation suivante : Famille, droit et démocratie tire la sonnette d'alarme. Manipuler à ce point la vérité ne sert pas la cause des femmes violentées. Les initiateurs de ces campagnes visent un autre objectif. Nous ne savons pas lequel, et nous préférons presque ne pas le savoir. C'est au minimum, en tout cas, une forme de violence, … structurelle mais réelle. A titre de réflexion, dans le dossier Pdf , nous avons traduit, en langage " discrimination ", des extraits d'un article du Monde diplomatique de juillet 2004 intitulé " Les violences mâles " (Amnesty International et l'Institut s'en servent dans leurs références) . Nous n'avons modifié que deux ou trois mots du texte (en italique : homme par étranger, femme par national,…) Au citoyen de tirer les conclusions qui s'imposent. Thierry Riechelmann * Annuaire Eurostat 2004, le guide
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