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Le mouvement masculiniste
existe-t-il ?
La réponse est immédiate ! Non,
le mouvement n'existe pas ! Certes, le terme est utilisé de manière
marginale par certains pères, certains hommes pour définir, par analogie
avec le féminisme, le mouvement des hommes et/ou des pères qui s'associent
pour défendre ce qu'ils pensent être leurs droits. Et à ce niveau,
sans doute que le Québec utilise davantage le terme que le vieux continent.
Dans la réalité quotidienne des pères qui défendent
le droit de préserver, dans l'intérêt aussi de l'enfant, un lien avec
leur(s) enfant(s), en Europe francophone, le terme est donc très rarement
utilisé. Cela provient de la difficulté de se reconnaître, en tant
qu'homme, le droit et peut-être surtout l'intérêt, de défendre la
masculinité comme projet politique. Cela semble pour beaucoup " un
peu " ridicule.
Pourtant, en quoi défendre la spécificité masculine
est-elle absurde ? Les féministes ne défendent-ils pas leurs spécificités.
Les hommes qui respectent vraiment ce choix féminin, s'ils étaient
cohérents avec eux-mêmes, ne devraient-ils pas ne pas se moquer du
vocable. Se moquer du mot " masculiniste " revient en fait à se moquer
du mouvement féministe.
Et c'est vrai que peu d'hommes finalement considèrent
le féminisme comme vraiment important. De nombreux témoignages vont
dans ce sens. Officiellement ou en compagnie de femmes, leurs propos
sont évidemment plus nuancés face aux revendications féministes. Les
responsables politiques masculins votent d'ailleurs souvent des lois
féministes. Mais en fait, pour beaucoup c'est comme s'ils offraient
un bijou à leur femme ou offraient un jouet à leurs enfants. Ce ne
sont pourtant pas des jouets.
Les lois votées transforment la réalité et la société
en profondeur. Pour le meilleur et parfois pour le pire. De même,
un projet masculiniste pourrait transformer la société et les femmes
pour un meilleur et peut-être parfois pour un pire. L'essentiel, finalement,
dans un combat, masculiniste ou féministe, consiste d'abord à respecter
son " adversaire ".
Si le féminisme vise à favoriser l'émancipation d'une
culture féminine tolérante et créatrice en harmonie avec les hommes,
quel beau programme. Si le masculinisme vise de même pour les hommes,
quel beau programme également.
Par contre, si le féminisme vise la domination des hommes
par les femmes et si le masculinisme tente celle des femmes par les
hommes, rien n'est plus totalitaire. Dans ces cas de figure, nous
pensons cependant qu'on ne devrait plus utiliser les termes de féminisme
ou de masculinisme, il serait préférable de les remplacer par ceux
d'ultra-féminisme ou d'ultra-masculinisme.
Certains intellectuels oseraient même, suite à l'analyse
précise de leurs programmes politiques, l'emploi du mot facho-féminisme
et celui de facho-masculinisme. Ils auraient peut-être théoriquement
raison, mais l'emploi de tels termes ne les rendraient plus crédibles
aux yeux de l'opinion publique ou des décideurs politiques.
A ceux qui veulent créer un mouvement masculiniste qui
respecte les femmes et les hommes, nous leur souhaitons bon vent.
Un tel projet devra élaborer une charte, des revendications. Sur base
de tels documents, les critiques pourront et devront créer le débat
s'ils le considèrent nécessaire et un tel mouvement, par le biais
de ses figures charismatiques ou de ses représentants, devront y répondre
dans le respect de la laïcité et du débat démocratique.
Aujourd'hui, cela est encore impossible, simplement
par le fait que le mouvement masculiniste n'existe pas de manière
officielle. Il n'est défendu que par une extrême minorité d'individus
célèbres ou inconnus. Il n'a pas d'existence propre actuellement.
T.R.
{tableau 1} |