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Le Christ et
la paternité
Le Christianisme a abordé la place
du père de manière spécifique. Très longtemps, les élites chrétiennes,
suite à une mauvaise interprétation des paraboles du nouveau testament,
ont cherché à atténuer la place du père dans le cadre du mariage et
ont exclu le père de ses enfants quand il n'était pas marié.
(janvier 2005)
De nombreux juges et de nombreux psychologues sont encore
imprégnés de cette tradition. Ainsi, ils n'arrivent pas toujours à
garder leur devoir d'indépendance quand, suite à un éclatement familial,
le sort des enfants est entre leurs mains. Il serait temps que les
dignitaires des différentes églises chrétiennes réhabilitent le père
afin de lever toute ambiguïté.
Le nouveau testament n'apporte pas toujours des réponses
claires aux questions posées par la parole du Christ. Il existe de
très nombreux exemples de mauvaise compréhension et / ou de d'abusive
interprétation de la parole du Christ.
L'égarement des représentants de Dieu ou du Christ sur
terre a provoqué par le passé de nombreuses crises au sein des communautés
chrétiennes. Parmi les errements les plus célèbres, on compte de nombreuses
mises à l'index (l'index était le catalogue officiel des livres interdits
aux catholiques, établi au 16ème siècle. Il n'a plus force de loi
depuis décembre 1965) et de nombreuses condamnations par les tribunaux
de l'Inquisition.
Galilée (Pise 1564-1642), s'étant rallié au système
héliocentrique de Copernic(le soleil était pour Copernic au centre
de l'univers, et non la terre comme l'affirmait le pape), dont l'œuvre
venait d'être mise à l'index (1616), fut déféré devant le tribunal
de l'Inquisition, qui le condamna et l'obligea à se rétracter en 1633.
L'Eglise ne l'a réhabilité qu'en 1992 !
Au niveau de la place du père dans la famille, du rôle
du père face à ses enfants, les mauvaises interprétations sont malheureusement
aussi nombreuses. Elle ont eu des conséquences dramatiques sur le
sens de la paternité.
Les extraits suivants du nouveau testament en disent
long sur les conséquences d'une application à la lettre de la parole
du Christ :
"Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa
mère, sa femme, ses enfants et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être
mon disciple " (Lc, XIV, 26)
" Qui aime son père et sa mère plus que moi n'est
pas digne de moi. " (Mt, X, 37)
" N'appelez personne " votre père " sur la terre,
car vous n'en avez qu'un, le Père céleste " (Mt, XXIIIn 9)
" N'allez pas croire que je suis venu apporter la
paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et
la bru à sa belle-mère ; on aura pour ennemis les gens de sa famille
" (Mt, X, 34-35)
Nous voyons que, dans ces paraboles, la place de la
mère n'était pas beaucoup plus enviable que celle du père. Aujourd'hui,
les conséquences pour les mères sont bien moins importantes car les
sociétés occidentales ont été profondément influencées par les théories
de Rousseau et de Freud. Elles ont réhabilité de manière magistrale
la place de la mère auprès de ses enfants.
Un travail similaire vis-à-vis du père n'a pas encore
eu lieu. Ceci explique en partie la grande difficulté qu'ont encore
aujourd'hui les pères à vouloir s'occuper au quotidien de leurs enfants.
Certes, nous vivons aujourd'hui une lente évolution
du droit, s'émancipant de son imprégnation chrétienne. Mais, nous
pensons qu'elle est encore trop timide.
Ceci étant dit, nous ne croyons pas que l'exclusion
du père par le Christ ait été volontaire. Nous pensons qu'il s'agit
surtout d'une mauvaise interprétation de représentants du Christ sur
terre. Nous pensons à ce titre qu'il serait utile que le père soit
réhabilité par les dignitaires des différentes églises chrétiennes.
Cela permettrait de ne pas intenter de mauvais procès au Christianisme
…
A moins que …
T.R.
{tableau 1} |